Arriverai-je, un jour, à vous expliquer l’Attente ? C’est lorsque la nuit vient, mon bon maître, lorsque le silence s’installe et lorsque, quoiqu’en dise l’imagination populaire, les fantômes que vous m’avez confiés se dispersent… Je suis seule, il n’y a plus ni musique, ni lumière, plus de danseurs ni de joueurs de cartes. Les rêves s’effondrent, les couleurs se fondent… voyez, une peinture attaquée par la pluie ! Tout est calme, les ombres des gens vont et viennent, silencieuses et fragiles, là où les derniers rayons du soleil s’éparpillent. La lune se dédouble et le lac prend des allures de tourbière. Tout s’éteint, plus rien n’existe qu’un brouillard persistant et de vagues esquisses de bâtisses désertes, chaumières troubles, temples en ruines et palais vaporeux. Le vent se réveille, vivant, visible, et balaie ce qu’il reste du monde… tout s’écaille, le froid et l’ouragan vont emporter sans peine des morceaux du paysage, telles des feuilles mortes. J’essaie de me raccrocher à tous les spectres diurnes, à tout ce que je connais et qui vacille entre complot psychotique et réalité consistante : les promenades, le pépiement des lavandières, la soie éclatante et les perroquets, dons, danses, gâteaux et sorbets, tournoiement, voltige, ivresse, coassement des grenouilles, jungles expansives, fruits bleus, exotisme… Il y en a trop, n’est-ce pas ? Trop de détails, trop de logique, de fêtes et de jeux. Vos gens me sont comme des ombres et je passe à travers… La névrose proviendrait-elle de moi ? Deviendrai-je par trop éthérée ? Je m’accroche aux personnages, pourtant, comme s’ils avaient une vie propre, comme si la chute du jour ne suffisait pas à les détruire. Ils ont l’air tellement vivants ! Tellement plus vivants que moi, épuisée, érodée par l’Attente. Vous leur avez fait don de couleurs, choquantes, épuisantes mais ô combien rassurantes… Mon aimable, mon bon maître, avez-vous déjà connu la peur ? Gros SeinsPetits SeinsBeaux SeinsJolies SeinsMega Seins
Nous allons nous venger Flash-back sur le passé La nuit des révoltés Où tout a commencé Massacre de la vie Des pleurs dans la nuit L'espoir de la survie Tout fut anéanti Nous allons nous venger Et le sang va couler